| Le
patrouilleur lance-missiles P6141 |
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1984. Changement de
région et d'activité. Un placard de 70 cm par 80 me
sert d'atelier dans un petit appartement en attendant des
conditions meilleures pour bricoler. Là virent le jour
toutes les pièces d'armement et l'équipement d'un
patrouilleur lance-missiles de 1 mètre 58. Après l'acquisition
de notre maison, j'installe un atelier spacieux (5 m²)
pour faire la coque, les superstructures et les
équipements électroniques.
J'ai voulu être perfectionniste. J'ai
réalisé une maquette navigante et entièrement
motorisée. Les radars tournent et les feux de position s'allument.
La tourelle avant peut s'orienter sur 240 degrés et la
hausse du canon est également radiocommandée. Un
système mécanique lui permet de tirer des petites
billes de plomb. Le canon arrière tourne suivant un
cycle aléatoire. Les rampes lance-missiles se lèvent à
50 degrés, angle idéal pour tirer une fusée de feux d'artifices
à une trentaine de mètres. Il y a quatre "missiles"
par rampe. Chacun est commandé séparément. Ce
patrouilleur est équipé de huit mines.Il était donc
"normal" que j'essaie de motoriser le mouillage
de ces engins. J'ai conçu tout un système de mise à l'eau
et d'explosion. Beaucoup d'essais ont eu lieu mais la
mise au point de l'explosion s'est avèrée délicate. En
effet, l'explosif a besoin de beaucoup d'air et la taille
des mines ne permet pas d'obtenir l'effet attendu mais je
m'en contente. J'ai investi dans une radiocommande huit
voies avec un système "multiswitch" qui permet
d'avoir 16 fonctions tout ou rien.
La commande des deux gouvernails et du moteur sont, bien
sûr, proportionnelles.
La propulsion est électrique mais,
pour actionner les deux hélices, j'ai fabriqué un
réducteur. Les engrenages sont montés sur roulements à
billes, l'ensemble est lubrifié à l'huile. L'étanchéité
de la boîte est assurée par des joints à lèvre. Un
cardan permet la transmission du moteur au réducteur et
deux courroies celle du réducteur aux arbres d'hélice.
La boîte seule a nécessité plus de trois cents heures
de travail.
Près de 2100 heures, c'est le temps de
fabrication de ce petit joujou. J'en suis très fier et
attends avec impatience que les week-ends reviennent pour
naviguer.
Petite histoire où l'on voit que l'imbécilité
n'a pas de limites :
Ce bateau était, en 1990, équipé d'un système
rudimentaire mais parfaitement fonctionnel. Il n'a
navigué qu'une dizaine de minutes cette année là. En
effet, ma première tentative sur un petit étang
communal s'est terminée par une expulsion immédiate.Un
pêcheur agressif n'a pas souhaité que je "pollue"
l'endroit avec mon moteur électrique. Les deux hectares
lui étaient, semble-t-il réservés et j'ai dû évacuer
les lieux sous les injures du bonhomme énervé avant qu'il
ne mette à mal mon matériel en jetant des pierres près
du bateau. Je me suis heurté plusieurs fois à l'incompréhension
de certains propriétaires d'étangs et n'ai pas
souhaité renouveler cette expérience.
Les non-modélistes ne connaissent pas tous les plaisirs
qu'on peut éprouver à la mise à l'eau d'un bateau et c'est
parfois bien dommage. J'ai dû garder ce navire dans sa
caisse pendant 11 ans avant de faire partie d'un Club de
modélisme de ma région. Nous parlons le même langage ;-))
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